Et pour ceux qui ne connaissaient pas l’ancien blog, je vous recopie le poème, pour la peine.
[…] 20 mars 2005: Une mignone girafe s’est échappée de mes pinceaux… Elle a d’ailleurs grignoté une partie de ce poème que je vous livre ici en entier:
Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
Une ondulation immobile remplit
L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite.
Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues;
Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.
Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
L’air épais ou circule un immense soleil.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
Fait onduler son dos où l’écaille étincelle.
Tel l’espace enflammé brûlé sous les cieux clairs,
Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
Vont au pays natal à travers les déserts.
D’un point de l’horizon, comme des masses brunes,
Ils viennent, soulevant la poussière, et l’on voit,
Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.
Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine;
Sa tête est comme un roc et l’arc de son échine
Se voute puissamment à ses moindres efforts.
Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
Il guide au but certain ses compagnons poudreux
Et, creusant par derriere un sillon sablonneux,
Les pélerins massifs suivent leur patriarche.
L’oreille en éventail, la trompe entre les dents,
Ils cheminent, l’oeil clos. Leur ventre bat et fume,
Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume,
Et bourdonnent autour mille insectes ardents.
Mais qu’importent la soif et la mouche vorace,
Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?
Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
Des forêts de figuiers où s’abrita leur race.
Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
Ou nage en mugissant l’hippopotame énorme,
Où, blanchis par la lune et projetant leur forme,
Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.
Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
Comme une ligne noire, au sable illimité
Et le desert reprend son immobilité
Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent.
- Charles Leconte de L’Isle (1818 - 1894) -
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*Reprise des comm. précédents*
Bonjour,
Je ne savais pas trop où laisser un commentaire parce qu’il y a énormément de choses à voir sur ce site, toutes plus belles les unes que les autres ! je reviendrai très très souvent parce que ça me fait rêver et que ça continue de me faire beaucoup de bien de voir que des gens comme toi ou Del4yo par exemple existent et voient la vie en beau… Des exemples à suivre… Merci !
Commentaire de Adeline le 22/07/2005 - 15:14:10
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En tout cas tu donnes très envie de faire des pliages en veu-tu en voilà !
Commentaire de Adeline (site web) le 22/07/2005 - 18:45:10
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Heu hum merci Adeline ( je me sens timide tout a coup la). Elle est super ta Girafe!
J’ai un mot pour toi, mais un joli: chiyogami. C’est le nom des jolis papiers japonais que tu aimes aussi…Et un site qui te servira peut-etre: http://www.jnto.go.jp/eng/illustrated/culture/t.html
a bientot!
Commentaire de del4yo (site web) le 23/07/2005 - 00:22:56
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oh, merci merci !
et bienvenue à toutes les deux.
Commentaire de Lilfairy(site web) le 23/07/2005 - 12:00:07